Le dispositif démission-reconversion séduit de plus en plus 

Publié le 2 avril 2025
Temps de lecture estimé : 4 min

Depuis son entrée en vigueur le 1er novembre 2019, le dispositif démission- reconversion permet aux salariés démissionnaires de bénéficier de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) sous certaines conditions. Selon une publication de l’Unédic datant de décembre 2024, ce dispositif a concerné environ 25 000 allocataires fin 2023. 

Institué par la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel du 5 septembre 2018, le dispositif de démission pour projet professionnel (appelé également démission-reconversion) vise à encourager la mobilité professionnelle en offrant une sécurité financière aux salariés souhaitant se reconvertir ou créer leur entreprise. Pour en bénéficier, les démissionnaires doivent justifier d’au moins 1 300 jours travaillés au cours des 60 mois précédant la fin de leur contrat de travail, soit une activité continue pendant cinq ans. De plus, ils doivent élaborer un projet de reconversion professionnelle « réel et sérieux », nécessitant soit le suivi d’une formation, soit un projet de création ou de reprise d’entreprise.

Les étapes clés pour accéder au dispositif 

Avant de démissionner, le salarié doit obligatoirement suivre un Conseil en évolution professionnelle (CEP), un service gratuit accessible à tous les actifs. Ce conseil permet de préparer le projet de reconversion et d’évaluer sa faisabilité. Ensuite, le salarié doit soumettre son dossier à l’association Transitions Pro de sa région, qui examinera le caractère réel et sérieux du projet.

En cas d’avis favorable, le démissionnaire dispose de six mois pour quitter son emploi, s’inscrire à France Travail et déposer une demande d’aide au retour à l’emploi (ARE). Le bénéficiaire percevra alors l’allocation d’ARE dans les mêmes conditions de montant et de durée que les autres allocataires de l’Assurance chômage. De même, il pourra, le cas échéant, bénéficier du dispositif de cumul allocation-revenu ou mobiliser l’ARCE (aide à la reprise ou création d’entreprise).

Un profil type plus jeunes et plus diplômés 

Si le dispositif a mis plusieurs années à monter en charge, en partie du fait des freins à la mobilité liés à la période Covid, le nombre d’entrées dans le dispositif a cru progressivement depuis. En 2023, le nombre de nouveaux bénéficiaires était d’environ 17 500, portant ainsi le nombre d’allocataires bénéficiant de ce dispositif à 25 500 fin 2023. 

L’Unédic souligne que les bénéficiaires de ce dispositif présentent des caractéristiques distinctes par rapport à l’ensemble des allocataires : « Ils sont plus diplômés que les bénéficiaires de l’ARE (76 % ont un niveau supérieur au bac contre 51 % pour l’ensemble des allocataires), plus souvent cadres (31 % contre 10 % dans l’ensemble) et souvent d’âge intermédiaire (77 % ont entre 30 et 50 ans, contre 45 % pour l’ensemble). » 

Des parcours orientés vers la formation et l’entrepreneuriat 

Parmi les projets validés, une part significative vise la création ou la reprise d’entreprise. Ainsi, plus des deux tiers des personnes entrées dans le dispositif depuis 2019 sont créateurs d’entreprise et/ou exercent une activité non salariée : 48 % déclarent de l’activité non salariée, et parmi eux, 35 % sont entrés en parcours créateur d’entreprise auprès de France Travail et 15 % ont perçu l’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE). 

En outre, les allocataires de l’ARE pour projet professionnel entrent plus fréquemment en formation lors de leur passage au chômage : durant leur droit, 37 % ont déjà suivi une formation. Ils ne sont que 15 % parmi les autres allocataires de l’Assurance chômage. 

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